mardi, 13 octobre 2009
Linceul de Turin : ils s'en donnent du mal !
Un groupe de chercheurs italiens vient de reproduire le Suaire de Turin avec, nous dit-on sans plus de précisions, les techniques disponibles au XIVe siècle. Il ne leur en faut pas plus pour conclure que le Saint Suaire est un faux.
Un improbable "comité italien pour la vérification des faits présentés comme paranormaux" dont personne n'avait jamais entendu parler, couvre l'opération et estime que le prétendu Saint-Suaire est une supercherie.
Luigi Garlaschelli, professeur de chimie (dont personne n'a jamais entendu parler non plus) à l'université de Pavie affirme dans le quotidien La Repubblica que les caractéristiques inexplicables du suaire, considérées jusqu'ici comme «non reproductibles par des moyens humains», ont très bien pu être «obtenues par l'emploi de matériaux bon marché et par un procédé assez simple».
Cette démarche paraît bien pathétique quand on sait le nombre de preuves scientifiques accumulées dans les conditions les plus rigoureuses, par les chercheurs les plus pointus et qui démontrent sans ambiguïté l'authenticité du Linceul de Turin. Faut-il vraiment que cette relique dérange pour que soit dépensée une telle énergie à tenter d'infirmer son athenticité.
Mais maintenant, en 2009, cet acharnement devient pitoyable et en même temps assez révélateur. En effet, si les fameux tests controversés au carbone 14 avait clos de manière définitive et scientifique le sujet en concluant à un faux, de telles expériences douteuses seraient-elles encore nécessaires ? A trop en faire...
Voici deux liens proposés par une lectrice de ce blog que je remercie sincèrement :
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mercredi, 22 avril 2009
Le linceul dans l'Evangile
L'objet le plus important de l'Histoire des hommes
Enfant, j'ai vécu sous le regard de la Sainte Face. Mes grands parents, orthodoxes, l'avaient placée dans l'iconostase familiale, avec une icône de la Vierge de Kazan et un portrait de l'empereur Nicolas II.
Peu à peu m'est venue la certitude que le Saint Suaire était un Cinquième Evangile mis "en réserve de la Foi" en attendant notre époque d'imagerie triomphante.
Les résultats de l'enquête scientifique effectuée sur le Suaire de Turin en 1978 par quarante scientifiques de tous domaines et de toutes origines religieuses (plusieurs se convertirent au christianisme après leurs travaux) me renforcèrent dans cette assurance.
Les menées abjectes et grotesques des lobbies et de leurs médias contre le Saint Suaire ; le recours aux armes du mensonge, du trucage et de la corruption ; la lâcheté de certains clercs achevèrent de me convaincre du caractère capital du combat pour la reconnaissance de l'authenticité.
Ce travail est, pour l'essentiel, accompli aujourd'hui par le CIELT dons les congrès, à Paris et à Rome, furent décisifs contre "le mauvais coup de la datation".
Je suis fier, en cette fête de la Résurrection, que Daniel Raffard de Brienne, Président du CIELT et spécialiste du Saint Suaire sur lequel, depuis des années, il a donné des centaines de conférences en Europe et dans le Monde, ait accepté de confier au "Libre Journal" une sorte de résumé des connaissances aujourd'hui acquises sur ce qui est sans doute l'objet le plus important de l'Histoire des hommes.
Serge de Beketch
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Le linceul dans l'Evangile
Le Linceul actuellement conservé à Turin entre dans l'histoire le soir de la Passion. Les trois Evangiles synoptiques rapportent en effet que Joseph d'Arimathie, ayant acheté un linceul (blanc, précise saint Matthieu), en enveloppa le corps du Christ. Le mot grec utilisé dans ces trois Evangiles est "sindôn", toile de lin. C'est le sens exact du mot "linceul". Sindôn, comme linceul, désigne secondairement une toile de lin servant à envelopper un corps.
Saint Jean, en parlant de cet enveloppement, utilise le mot grec "othonia", que l'on a souvent traduit par "linges", un autre mot français désignant des pièces de lin. "Othonè", d'où dérive "othonion", s'applique à une toile de lin fine (comme celle du Linceul de Turin). On peut considérer qu'"othonia" désigne donc le linceul et non d'improbables bandelettes. D'ailleurs, saint Luc, parlant du tombeau vide, emploie aussi le mot "othonia" et non plus "sindôn". Ces remarques prennent leur valeur quand on aborde le fameux passage de saint Jean que l'on a généralement traduit ainsi : « Pierre entra dans le sépulcre, il vit le linge ("soudarion") qui couvrait la tête, non pas posé avec les linges, mais roulé en un autre endroit ». Les traducteurs ont longtemps pensé que le suaire, roulé à part, était le Linceul. Déjà, au VIIe siècle, saint Braulion emploiera le mot "sudarium", suaire, à propos du Linceul du Christ. En réalité, "soudarion" désigne un mouchoir ou une serviette et, s'il est « enroulé en un endroit », il n'est pas dit qu'il est à part. L'exégèse moderne a démontré que le "soudarion" était la mentonnière serrée autour du visage du Christ et restée, au matin de Pâques, enroulée à sa place entre les pans du Linceul retombé à plat. La disposition du "soudarion" montrait donc que le corps avait disparu sans que l'on ait pu l'enlever. Et ceci explique la réflexion de saint Jean à ce propos : « Il vit et il crut ».
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Le Linceul au Proche-Orient
Plusieurs textes antiques font allusion aux linges funéraires du Christ, mais leurs indications sont si vagues et si confuses que l'on ne peut rien en tirer qui éclairerait l'histoire du Linceul au cours des premiers siècles. Seule une phrase d'un apocryphe du IIe siècle, l'Evangile des Hébreux, montre que l'on savait à cette époque que le "sindôn" était conservé.
L'iconographie fournit un indice important. On sait qu'aucun texte ne donne le moindre détail sur l'aspect physique du Christ. On voit dans les catacombes romaines le Bon Pasteur représenté sous la figure d'un jeune homme imberbe aux cheveux courts et bouclés. Puis apparaît peu à peu, au IVe siècle et même plus tôt, le type classique du Christ à barbe et cheveux longs. Emile Mâme y voyait l'influence de mosaïques de Jérusalem.
Toujours est-il que, dès cette haute époque, l'iconographie du Christ prend pour modèle la face imprimée sur le Linceul. On remarquera qu'à chaque nouvelle apparition publique du précieux linge le portrait du Christ ressemblera davantage à cette face : ainsi lors de la découverte du Mandylion à Edesse au VIe siècle et lors de son transfert à Constantinople en 944. Une grave inondation ravagea en 525 la ville d'Edesse, l'actuelle Urfa, au nord de la Mésopotamie. On découvrit alors dans les ruines le Mandylion, un portrait « non fait de main d'homme » du Christ. On sait maintenant qu'il s'agissait du Linceul, « plié quatre fois » derrière un treillage d'or ne laissant voir que le visage. A l'époque, on attribua le portrait à un miracle réalisé au profit du roi Abgar avant l'an 30. On peut sans doute voir dans la légende de Véronique qui apparaîtra au VIIIe siècle. Les textes concernant le Mandylion sont nombreux, mais deux questions se posent : pourquoi et quand ?
- Pourquoi avait-on dissimulé le Linceul sous l'aspect de ce portait ? La réponse est simple : à l'horreur héritée des Juifs pour tout ce qui se rapporte à la mort s'était ajouté, par respect, le refus de montrer le Christ souffrant. Les tout premiers crucifix ne datent que de la fin du Ve siècle.
- Deuxième question : quand le Linceul arriva-t-il à Edesse et quand, transformé en Mandylion, fut-il caché ? On ne sait rien sur la date d'arrivée. Quant à la date où le Mandylion fut dissimulé puis oublié, elle se situe certainement avant le IVe siècle et à l'occasion d'événements particulièrement graves. On peut penser au très dur siège subi par Edesse en 260 de la part des Perses.
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Le Linceul à Constantinople
Edesse tomba sous le joug de l'islam en 639 et l'Empire byzantin ne put jamais la reprendre. Toutefois l'empereur romain Lécapène mena ses troupes jusqu'aux murs de la ville en 943 et exigea de l'émir la remise du Mandylion. Le Mandylion fit son entrée à Constantinople le 15 août 944. On ne tarda pas à le déplier et à constater qu'il s'agissait du Linceul, puisqu'une homélie de Grégoire le Référendaire, récemment traduite par le R.P. Dubarle, le décrit alors en mentionnant la plaie du côté que le pliage du Mandylion dissimulait. Plusieurs textes donnent quelques détails qui permettent d'identifier le "sindôn" conservé à Constantinople avec le Linceul de Turin. On peut citer, en particulier, la chronique de Guillaume de Tyr rapportant la visite du roi latin de Jérusalem en 1171, et une harangue de Nicolas Mésaritès en 1201. Mais, là encore, les preuves les plus convaincantes sont apportées par l'iconographie avec les peintures et les mosaïques de Constantinople, de Cappadoce, de Grèce... Et aussi les monnaies et ivoires byzantins. On y note non plus seulement le visage caractéristique imprimé sur le Linceul mais d'autres particularités comme la main sans pouce et la jambe d'apparence plus courte que l'autre. Il est même amusant de remarquer que la traverse inférieure de la croix orientale, une traverse qui représente un supposé "suppedaneum" (repose-pieds), est disposée en biais pour compenser la prétendue boiterie du Christ ! Les miniatures d'un manuscrit conservé à Budapest, le codex Pray, apportent des indices supplémentaires. Les experts les estiment antérieures à 1150. L'une d'elles représente le corps du Christ étendu avec des détails propres à l'image du Linceul : la nudité, les mains croisées, l'absence de pouce. Une autre montre le Linceul avec les chevrons (très exagérés) de son tissu et surtout avec quatre petits ronds disposés en "L" et qui correspondent exactement à quatre petites brûlures rondes du Linceul de Turin. Ces brûlures, antérieures à l'incendie de 1552, étaient sans doute interprétées comme des taches de sang et, pour cette raison, reproduites avec soin tant dans cette miniature que dans un dessin de 1516 conservé à Lierre en Belgique et où les quatre ronds sont peints en rouge. A la fin de 1203, détournés de leur objectif par la rapacité des Vénitiens, les combattants latins de la IVe croisade débarquent à Constantinople en attendant de repartir pour l'Egypte. L'un d'eux, Robert de Clari, qui laissera un récit de l'expédition, en profite pour visiter la ville. Il voit dans l'église des blachernes « le sydoine (linceul) où Notre Sire fut enveloppé... On y pouvait bien voir la Figure de Notre Seigneur ».
Mais les choses se gâtent entre les Grecs et les Francs qui conquièrent la ville en 1204 et s'y installent. Et le Linceul disparaît. Robert de Clari explique : « Ni ne sut-on onques, ni Grec, ni Flançais, ce que le sydoine devint quand la ville fut prise ».
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Le Linceul en Champagne
Vers 1350, le Linceul, disparu en 1204 à Constantinople, apparaît en Champagne, dans le village de Lirey, entre les mains d'un brillant chevalier et chef de guerre, Geoffroy de Charny. Faute de documents on ne sait que peu de choses sur l'histoire de la relique entre ces deux dates, sinon qu'en 1239 ou 1241 l'empereur latin de Constantinople fit parvenir un morceau du tissu à saint Louis et que, sans doute en 1266, le grand Khan des Mongols, Khoubilaï, envoya de Pékin au Pape une toile d'amiante destinée à protéger le Linceul. On sait aussi que Geoffroy de Charny acquit lui-même la relique. Rien de cela n'éclaire les pérégrinations qui ont mené le Linceul de la capitale byzantine au village champenois. On a bâti sur de frêles indices plusieurs scénarios où l'on a fait intervenir jusqu'aux secrets ou prétendus secrets des Templiers. Mais il semble que l'on s'avance maintenant vers une solution moins romanesque mais plus sûre. Une lettre de Théodore Ange au Pape Innocent III, découverte il y a peu d'années, montre qu'en 1205 le Linceul se trouvait à Athènes où l'avait apporté un croisé pilleur de Constantinople, Othon de la Roche, qui s'y taillait un duché. Il est raisonnable de penser que le Linceul resta à Athènes jusqu'à ce que le dernier héritier d'Othon de la Roche en fût chassé en 1311. Le dernier duc d'Athènes finit par se réfugier en France où, devenu connétable, il mourra, sans héritiers, avec Geoffroy de Charny à la bataille de Poitiers en 1356. Il avait certainement rencontré Charny en 1344 et en 1345, à une époque où celui-ci recherchait des reliques pour la collégiale qu'il comptait construire à Lirey en remerciement de sa libération, en 1343, des geôles anglaises. Or, Charny, malgré ses charges militaires, fit un rapide voyage en Orient en 1346 : n'allait-il pas y chercher le Saint Suaire ? En 1353, la collégiale de Lirey ouvre ses portes et les pèlerins affluent pour y vénérer le linceul, comme en garde le souvenir une curieuse médaille de pèlerinage retrouvée dans la Seine à Paris et conservée au musée de Cluny. Après la défaite d'Azincourt, la Guerre de Cent Ans tourne au désastre. Pour mettre la relique en sécurité, la dernière des Charny, Marguerite, l'abrite de 1418 à 1452 dans son château de Saint-Hippolyte, en Franche-Comté. En 1453, n'ayant pas d'enfants, elle remet le Linceul au duc de Savoie.
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L'histoire moderne du Linceul
Devenu en 1453 la propriété de la puissante Maison de Savoie, le Linceul accède en Europe à une grande notoriété. Des personnages illustres et de grands saints le vénéreront. Des Papes créeront une fête et une messe du Saint Suaire.
Mais, pour commencer, il voyage beaucoup. On le voit à Verceil, à Nice, à Bourg-en-Bresse et jusque dans l'actuelle Belgique. Puis il se fixe en 1502 à Chambéry, dans la chapelle ducale de la capitale savoyarde. C'est là qu'il sera, en 1532, victime d'un grave incendie. L'argent fondu de son coffre percera tous les plis du tissu, comme le montrent les deux lignes de brûlures et les pièces qui obstruent les plus gros trous. Fort heureusement, le feu aura à peu près épargné l'image du crucifié. En 1578, les Savoie qui ont acquis le Piémont y emportent le Linceul qu'ils installent dans la cathédrale de Turin où il se trouve encore, dans une grande chapelle construite en 1694. Il en sortira plusieurs fois par siècle pour s'offrir à la vénération des fidèles au cours de grandes ostensions publiques. Le dernier roi d'Italie, Humbert de Savoie, a légué en 1983 la précieuse relique au Saint Siège.
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Les études scientifiques
La date du 28 mai 1898 marque le début des études scientifiques consacrées au Linceul. Ce jour-là, profitant d'une ostension publique, un photographe amateur, Secondo Pia, réussit à prendre les premiers clichés de la relique. Lorsqu'il développa ses négatifs, il eut la surprise de voir apparaitre en positif le visage et le corps d'un homme bien réel. Il lui apparut que l'image, assez laide et floue, du Linceul était en réalité le négatif photographique d'un très beau modèle. Or, la notion de négatif ne date que du XIXe siècle. Toute fabrication d'un faussaire médiéval se trouvait donc exclue et l'on se voyait contraint de conclure à l'authenticité du Linceul.
Des adversaires, pour des raisons idéologiques, de l'authenticité se manifestèrent très vite, mais leurs travaux n'apportèrent aucun argument sérieux à la thèse du faux. En revanche, toute une série de recherches permit de résoudre maints problèmes historiques, archéologiques et iconographiques liés au Linceul. D'autre part, les travaux du docteur Barbet, fondés sur les sciences médicales, expliquèrent de nombreuses particularités de l'image. On essaya aussi, mais sans succès, d'élucider l'énigme de la formation de cette image. Une autre étape décisive fut franchie lorsque l'on put examiner le précieux tissu lui-même. De premières constatations, très positives, faites en 1973 amenèrent des savants américains de toutes disciplines à fonder le STURP, avec, pour objet, l'application des techniques de pointe à l'étude du Linceul. En 1978, les membres du STURP purent se pencher pendant cinq jours sur la relique. L'étude de leurs prélèvements et de leurs clichés leur demanda ensuite 150 000 heures de labeur et les conduisit à conclure à leur tour à l'authenticité.
Cela ne pouvait satisfaire les ennemis idéologiques du Saint Suaire. Ils profitèrent, pour reprendre l'offensive, d'un projet de datation par le test au carbone 14. Le projet avait été adopté en 1986. Il fut discrètement mais considérablement modifié en 1987 avec la suppression de tous les moyens de contrôle. Appliqué en 1988, le test assigna au Linceul un âge médiéval qui déniait l'authenticité. Une formidable campagne médiatique proclama aussitôt que le Linceul n'était qu'un faux du Moyen Age, en se gardant de soulever le problème devenu insoluble de la formation de l'image, en se gardant aussi d'expliquer pourquoi toutes les autres recherches avaient mené à la reconnaissance de l'authenticité. La réaction ne tarda pas, menée en particulier par le CIELT. Il fut rapidement démontré que le fameux essai au carbone 14 de 1988 avait souffert de quinze irrégularités graves dont chacune suffisait à lui enlever tout crédit. Sait-on, pour prendre un seul exemple, que le poids de l'échantillon prélevé ne concorde pas avec celui des morceaux de tissu testés ? En fait, rien n'allait dans cette affaire ! Depuis, les recherches ont repris. D'autres sont programmées qui exigeront de se pencher de nouveau sur la relique quand le Saint Siège l'autorisera. Il n'est plus question de chercher à établir l'authenticité ; elle est définitivement acquise. Mais il reste à percer d'étonnants mystères.
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Le tissu et l'image
Le Linceul est une pièce d'un fin sergé de lin à chevrons mesurant environ 436 centimètres sur 108. On trouve des tissus antiques de facture voisine conservés dans les sables secs des déserts d'Egypte et de Syrie. Le filage et le tissage en ont d'ailleurs été exécutés avec des matériels propres à ces régions. Le mode de blanchissement témoigne aussi de l'ancienneté de la confection du Linceul. Enfin, des fibres d'un coton proche-oriental mêlées aux fils de lin confirment l'origine géographique du Linceul. L'absence, en revanche, de fibres de laine suggère une origine plus précisément palestinienne puisque la loi juive, et elle seule, interdisait l'emploi des mêmes métiers pour tisser les fibres végétales et les fibres animales. Au cours de ses pérégrinations, le Saint Suaire s'est couvert d'une couche de poussière d'origines et d'époques variées. Certaines remontent à l'Antiquité puisque le tissu n'a jamais été lavé. On trouve, par exemple, sous les pieds du crucifié des traces d'aragonite, un carbonate de calcium propre à certaines villes méditerranéennes comme Jérusalem.
On peut observer aussi de nombreux pollens dont certains appartiennent à des espèces végétales spécifiques des régions subdésertiques du Proche-Orient et attestent le séjour du Linceul dans cette partie du bassin méditerranéen. L'étude de l'image du crucifié imprimée sur le linge apporte d'autres éléments de datation et de localisation. L'homme, jeune (30 à 35 ans), grand (environ 1m80) et bien proportionné (78 kilos), a un type sémite.
Une longue mèche de cheveux descendant entre les omoplates est une tresse défaite qui constituait un élément de coiffure typique des coutumes juives de l'Antiquité.
De plus, l'homme a été enseveli à la mode juive, dans la position des squelettes retrouvés à Qumrân et avec une pièce de monnaie posée sur chaque oeil, selon une habitude dont on trouve des preuves archéologiques du Ier siècle en Judée.
Ces pièces ont laissé leur trace sur le tissu, à la suite d'un phénomène de rayonnement lié à la formation de l'image. Les numismates croient pouvoir les identifier comme des monnaies frappées par Ponce Pilate en Judée vers l'an 29. Ce point important demandera à être confirmé par de nouvelles recherches, de même que l'inscription qui, pense-t-on, se trouve au verso du Linceul, un verso qui n'est pas visible depuis qu'on l'a cousu en 1534 sur une toile de Hollande. Cette inscription aurait "bavé" à travers le tissu, ce qui permet à une analyse informatique de reconnaître quelques lettres du nom du Christ.
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La Passion selon le Linceul
On peut "lire" dans l'image du Linceul la Passion du Christ. Toutes les données de l'Evangile s'y retrouvent. En revanche, la représentation que l'on y voit diffère notablement de l'imagerie traditionnelle, mais elle est conforme aux connaissances médicales et archéologiques actuelles : ce serait une preuve suffisante de l'impossibilité d'un faux si l'on voulait encore en soutenir l'hypothèse. Le visage tuméfié témoigne des sévices subis chez le grand prêtre. Plus impressionnantes, des traces sanglantes couvrent tout le dos, de la tête aux pieds. Ce sont celles d'une flagellation sauvage appliquée par deux bourreaux romains, l'un à droite, l'autre à gauche. Il y eut plus de cent coups de fouet romains identifiés par la forme des plombs de leurs extrémités. Une flagellation juive se serait arrêtée à trente-neuf coups pour respecter les prescriptions de la loi. Le condamné fut coiffé d'une sorte de bonnet formé de branches épineuses entrelacées et dont les plaies de la tête permettent de reconstituer l'aspect. La couronne d'épines permettrait à elle seule de reconnaître le Christ dans ce condamné. Le portement de croix se lit dans les plaies des épaules. En fait, on ne portait pas toute la croix, trop lourde, mais la traverse horizontale qui pesait à elle seule plusieurs dizaines de kilos. Le condamné est tombé sous le poids de ce "patibulum", comme le montrent les genoux écorchés. Lors de la crucifixion, chaque poignet fut fixé par un clou à une des extrémités de la barre transversale (le "patibulum") et les pieds l'un sur l'autre par un troisième clou sur le tronc vertical (le "stipes"). On observe sur le Linceul que les clous des mains transpercèrent non pas les paumes comme on le montre traditionnellement, mais les poignets. L'erreur des représentations traditionnelles vient, d'une part, de ce que les langues sémitiques englobaient le poignet dans le mot "main" et, d'autre part, de ce que les premiers crucifix datent d'une époque où, après plus de cent ans d'interdiction du crucifiement, on ne savait plus comment il se pratiquait. Le docteur Barbet a montré que l'enfoncement du clou dans le poignet, plus précisément dans l'espace de Deltot, amenait la rétraction du pouce dans la main ; cela explique pourquoi l'image du Linceul n'a pas de pouces. La mort sur la croix était longue et affreuse. Le condamné, les bras écartés en hauteur, ne parvenait à respirer qu'en se soulevant sur le clou des pieds et en tirant sur les clous des poignets. Ne pouvant maintenir cette position atrocement douloureuse, il retombait et devait recommencer peu après. Les coulées de sang qui zigzaguent le long des bras de l'image montrent la succession de ces mouvements. Les forces du condamné diminuaient, ses mouvements respiratoires perdaient de leur ampleur et aussi de leur efficacité car le saignement et la sueur réduisaient le volume sanguin. Venait alors le moment où le condamné expirait d'épuisement et d'asphyxie. C'était le vendredi soir. Il fallait descendre les condamnés des croix avant le Sabbat et, pour cela, éventuellement les achever. Le crucifié du Linceul était mort. Pour le vérifier, on perça d'un coup de lance son côté droit et il en sortit, visible sur le tissu, un flot de sang et d'eau, comme dit saint Jean. En fait : un flot de sang et de sérosités venues d'oedème de la plèvre et du péricarde causé par l'extrême souffrance. A cause de l'approche du Sabbat, le corps fut rapidement descendu de la croix et étendu dans son Linceul sans être embaumé ni même lavé. Le tissu montre aussi qu'il n'y séjourna que peu de temps, car on ne voit aucune trace de décomposition.
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Le mystère de l'image
Que le corps du Christ, que l'on avait pas eu le temps de laver, ait laissé sur le Linceul de nombreuses taches de sang ne saurait surprendre. D'ailleurs ce sang ne pose pas de problèmes essentiels : il s'agit bien de sang humain dont on retrouve tous les composants, avec une proportion de bilirubine fortement augmentée par d'intenses douleurs. Mais il ne suffit pas de mettre un corps dans un tissu pour qu'il y laisse sa photographie. Le véritable mystère du Linceul, c'est la formation de son image. Pierre d'Arcis au XIVe siècle, Calvin au XVIe siècle, bien d'autres depuis ont naturellement pensé qu'il pouvait s'agir d'une peinture. Les dernières recherches ont définitivement éliminé cette hypothèse : outre que le dessin en négatif et sans contours est irréalisable, il n'y a trace d'aucun pigment colorant ou peinture. On a songé aussi au contact naturel ou accidentel de produits liquides ou gazeux : les nombreux essais ont tous échoué, car aucun n'a pu rendre le modèle du dessin. On connaît maintenant la nature de l'image. Il s'agit d'une roussissure. Une brûlure très légère et très superficielle qui n'affecte que le sommet des fibrilles des fils de lin. Et, chose étrange, la roussissure est aussi superficielle dans les endroits foncés que dans les endroits clairs : la différence de ton vient de ce qu'il y a plus de fibrilles roussies au centimètre carré aux endroits foncés. C'est une sorte de tramage. Autre particularité étrange : le dessin est tridimensionnel. Un appareil de la NASA 8 qui transforme les intensités lumineuses en distances, a donné une image en relief de la photographie de l'homme du Linceul. Aucun autre portrait photographique, obtenu normalement par la réflexion de la lumière sur le sujet, ne donne un semblable cliché en relief sans déformation. Il faut donc que, dans le cas du Linceul, la lumière qui a produit la roussissure soit venue du sujet lui-même. D'autres constatations, portant en particulier sur le fait que les masses musculaires du côté dorsal ne sont pas écrasées par le poids du corps ou sur le fait que le dessin du côté facial ne porte aucune déformation due au poids du tissu épousant les reliefs du corps, donnent à penser que la loi de la pesanteur s'est trouvée suspendue. On remarque aussi, alors que le sang des multiples plaies a adhéré au tissu, qu'il n'y a sur toute la surface du corps, et contre toute vraisemblance, aucun arrachement ni au niveau des fibres textiles ni à celui des caillots.
Conclusion : on n'a pas retiré le corps du Linceul ! Alors ? Alors, si l'on rapproche tous ces faits entre eux on ne peut émettre, pour l'instant, qu'une seule hypothèse : le corps mort a, à un moment donné, émis un rayonnement très bref et puissant et est passé à travers le Linceul. Nous nous trouvons devant des faits objectivement constatables mais dont aucune loi connue de la nature ne peut rendre compte. Ne sommes-nous pas contraints d'envisager l'hypothèse du miracle de la Résurrection ?
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Les faux Linceuls
On rencontre, au cours de l'Histoire, un certain nombre de faux Suaires. En bien des cas, ils ont dû naître de la pieuse coutume de montrer ou de promener en procession, le Vendredi Saint, un linge qui jouait le rôle du Linceul. La ferveur populaire aura tôt fait de lui attribuer une authenticité à laquelle il ne prétendait pas. Le plus connu de ces faux Linceuls fut celui de Besançon, détruit en 1794, le seul d'ailleurs qui portait une image du crucifié. Il est probable que cette image, assez laide, avait été grossièrement imitée de celle du vrai Linceul, qui séjourna dans la région au XVe siècle. Il survit actuellement un faux Saint Suaire à Cadouin en Périgord. Il s'agit d'une étoffe orientale du Moyen Age, sans doute rapportée d'une croisade.
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Le Portrait du Christ
Ni les Evangiles, ni aucun texte ancien ne donnent la moindre indication sur l'apparence physique du Christ. On ne peut donc s'étonner de voir, dans les plus anciennes peintures de Rome, le Bon Pasteur représenté comme un jeune homme imberbe aux cheveux courts et bouclés. Mais, assez vite, dès le IVe siècle au plus tard, commence à s'imposer en Occident le portrait classique du Christ portant barbe et cheveux longs. Emile Mâme voyait là l'effet d'une influence orientale, voire palestinienne. On doit y voir plus précisément l'influence de l'image du Linceul, alors conservé en Orient, et qui nous transmet le seul portrait authentique, exact et l'on peut même dire photographique, du Christ. On peut affirmer que, depuis l'Antiquité, toute l'iconographie du Christ s'inspire de la face imprimée sur le tissu. Vignon, puis Wilson, ont relevé sur la face du Linceul une liste de quinze particularités dont on retrouve toujours au moins quelques-unes aussi bien dans les monnaies de Constantinople que dans les icônes et mosaïques byzantines ou les peintures de Cappadoce. Par exemple : les cheveux longs, le nez fin et allongé ou la barbe à deux pointes. Certains points de ressemblance, parfois étranges, ont été scrupuleusement reproduits par les artistes qui n'en comprenaient pas la signification. Par exemple : les yeux globuleux, dont l'aspect vient en réalité des monnaies posées sur les paupières ; ou un triangle à la base du nez venant du fait que l'image est un négatif (ce que l'on n'a compris qu'en 1898) ; ou encore la coulée de sang du front que l'on a prise pour une petite mèche de cheveux à deux pointes (on n'a découvert qu'au Xe siècle que le portrait d'Edesse était celui du Christ souffrant et ensanglanté).
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Qu'est-ce que le CIELT ?
La fondation du Centre international d'études sur le Linceul de Turin est une conséquence inattendue du fameux test au carbone 14 de 1988 selon lequel le Saint Suaire aurait été confectionné au Moyen Age. Cette datation contredisait les résultats les plus sûrs des recherches scientifiques antérieures. Elle parut donc invraisemblable à un groupe de chercheurs qui, sous la direction d'André Van Cauwenberghe, réunit à Paris en septembre 1989 tous les spécialistes du monde, y compris les auteurs de la datation au C 14. Ce premier symposium international mit en évidence de graves anomalies qui enlevaient tout crédit au test de 1988. Et le CIELT était né. Le CIELT a réuni à Rome, en juin 1993, un second symposium international qui, d'une part, a mis un point final à l'affaire du C 14 (dont les acteurs, dûment invités, se sont prudemment abstenus de venir) et, d'autre part, a fait connaître les dernières recherches sur le Linceul. Un troisième symposium international se réunira en 1998. En attendant, le conseil scientifique du CLELT continue ses travaux et passe au crible de la science les nouvelles hypothèses. Et le CIELT publie, l'intention de toutes les personnes intéressées, une Lettre mensuelle qui fait en permanence le point sur tout ce qui concerne le Linceul (CIELT, 50 avenue des Ternes, 75017 Paris).
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La datation au carbone 14
On a tant parlé de la datation par le carbone 14 qu'il semble utile de donner quelques explications sur le principe de cette méthode née dans les années 60 et sans cesse affinée depuis. Le C 14 est un carbone radioactif qui, comme tout corps radioactif, renferme dans le noyau de ses atomes des neutrons surnuméraires. Ces neutrons tendent à s'échapper en produisant un rayonnement et les atomes deviennent stables. Or, la vitesse avec laquelle ce phénomène se produit est statistiquement constante : on sait que la moitié du C 14 cesse d'être radioactive et devient de l'azote en 5 730 ans. La méthode de datation repose sur cette vitesse de dégradation. Le C 14 se forme par la collision en haute atmosphère entre les rayons cosmiques et des atomes d'azote. Ce C 14, comme ses isotopes non radioactifs, se combine avec l'oxygène pour donner le CO2 que respirent les végétaux. Par l'alimentation, le C 14 passe ensuite dans tous les corps vivants, en même proportion que dans l'atmosphère. Lorsque les tissus meurent, le carbone normal subsiste alors que le C 14 continue a se dégrader sans être remplacé. Pour calculer l'ancienneté d'un tissu mort, il suffit donc de mesurer la proportion de C 14 restant par rapport au carbone stable. La méthode est sûre mais très délicate : il n'y a dans l'atmosphère qu'un atome de C 14 pour mille milliards d'atomes de carbone stable ! Une fois soigneusement éliminées les causes d'erreur, on peut obtenir une datation approximative sérieuse. Mais l'échantillon testé se trouve détruit.
Daniel Raffard de Brienne
Le site Le Libre journal a publié, le 19 avril, cet important article de Daniel Raffard de Brienne, paru dans le journal Le Libre journal de la France courtoise n°65.
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jeudi, 04 septembre 2008
Pourquoi Arte a peur du Linceul de Turin ?
En 2003, une émission fut très regardée sur Arte, au point d’être deux fois diffusée, parce qu’annoncée sur Léonard de Vinci : elle tentait de nous persuader que le génial Florentin fut l’auteur de la toile qui est à Turin : ce fut si gros, si absurde et si manifestement sans le moindre élément susceptible d’étayer si peu que ce soit la thèse, qu’elle a été enterrée dès que le film fut oublié.
Le dimanche de l’Épiphanie 2008, Arte a récidivé avec une émission qui n’a servi qu’à embrouiller un peu plus le spectateur ; une émission où l’on n’a rien appris sinon à opposer des romans de second ordre à des faits établis ; des erreurs grossières y ont été commises, démontrant qu’on ne possédait pas le dossier dans sa complexité ; une émission présentant quelques éléments en vrai rapport avec le sujet sur cet écran - le codex de Pray, le beau et important travail d’Aldo Guerreschi sur les auréoles d’eau - mais, et c’est scandaleux, l’essentiel a été passé sous silence.
Ainsi fut-il affirmé péremptoirement qu’on ne savait rien de ce document avant l’année 1359, date de son apparition à Lirey, près de Troyes en Champagne. Je donne des conférences sur ce sujet précisément, et ce qui se passe avant cette année-là me tient pendant une heure... Le cher Yan Wilson, auquel on permit de dire quelques mots, lui qui est l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire sindonienne, a dû en rester stupéfait.
Un certain Karsten prétendit, sans le moindre élément historique susceptible de rendre crédible son roman, que le Linceul est « la preuve que Jésus n’est pas mort sur la Croix » ; il évoque, tel un nécromant inspiré par je ne sais quel démon, un complot de Joseph d’Arimathie pour empêcher son ami de mourir. Il le fait anesthésier puis « recouvrir » d’un linceul - mais non « envelopper » car il ne fallait pas que l’image soit déformée, comme si l’on avait eu l’habitude à cette époque-là de fabriquer de telles images, dont hormis celle du Linceul nous ne possédons aucune autre, à part l’image de saint Charbel Maklouf et d’une dame chrétienne du Fayoum !
Jésus est alors « vu » par notre homme s’échappant quelques vingt-quatre heures plus tard de ce linge : le fabulateur ne s’est même pas rendu compte qu’il disait une énormité, une sottise qui le condamne : les images sanguines, intouchées, interdisent absolument ce genre d’événement. Oui, le sang, que certains ont allègrement nié être du sang alors que de multiples analyses parfaitement menées indiquent qu’il s’agit de sang humain du groupe AB, le sang sur le Linceul présente un aspect radicalement impossible : il est intact, rien n’a posé sur lui alors pourtant que le Linceul a enserré ce corps. L’unique intervenant qui a parlé de la « dématérialisation » la traite comme une hypothèse absurde, alors qu’en 1993 des scientifiques de cinquante pays différents - excusez du peu - l’ont déclarée « seule explication possible » de ce « fait », qui est un fait objectif, quoique l’on ne puisse le qualifier de scientifique puisque l’on n’a jamais observé ni reproduit de dématérialisation : comment nier ce qui se montre ? Si Jésus vivant, hypothèse absurde et folle, était sorti de ce drap, les taches de sang auraient présenté l’aspect de sang arraché, ou de pansement. Et cela n’aurait pas pu être autrement, que l’on soit ou non partisan de l’authenticité. L’honneur du scientifique est là : reconnaître ce qui est, même ce qu’il ne comprend pas !
On a soigneusement évité de dire que la couleur qui fait surgir l’image, extrêmement superficielle, correspond à une photogravure : là où l’image est foncée, il y a beaucoup de fibrilles touchées, là où l’image est claire, il y en a beaucoup moins.
Carbone 14
Le cas du carbone 14 a été évoqué, mais ce qui prouve qu’il n’est pas crédible n’est pas l’espèce de roman policier que l’on fait à son sujet quoique pas tout à fait invraisemblable : l’un des principaux arguments fut juste nommé pour être aussitôt, mais sans explication, déclaré absurde : or il ne l’est pas, c’est même un fait nouveau, qui était inconnu des carbonistes eux-mêmes. Il s’agit du film d’origine bactérienne qualifiée de bio-plastique par son découvreur, l’États-unien Leonço Garcia Valdès - ce fut en 1996 -, à cause de la toujours actuelle impossibilité de le nettoyer. Or ce film, trouvé sur des objets mayas que le C14 rajeunissaient de six siècles - ce qui était impossible - le fut également sur le Linceul comme sur bien d’autres étoffes par la suite, au point de mobiliser aujourd’hui divers biologistes - à l’Institut catholique d’Angers par exemple - en vue de trouver le moyen de l’éliminer. Étrange omission, n’est-il pas ?
Quant à la vaniline absente là où est l’image alors qu’elle est présente là où furent pris les échantillons pour le C14, on joua les innocents qui ne savent rien. Mais la vaniline disparaissant sur 1300 ans, on peut affirmer que l’analyse faite par Rogers en 2002 prouve que le Linceul est au moins d’avant le 8e siècle... et que les échantillons ne sont pas représentatifs de l’essentiel du document. Certes, il fut question de la couture typique du 1ier siècle, sans ses rendre apparemment compte qu’à elle seule elle oblige à rendre le Linceul au premier siècle.
L’ensemble de ces éléments indique qu’il serait aujourd’hui totalement absurde à la fois de continuer à idolâtrer la datation de 1988 comme de demander une nouvelle analyse. Karsten, encore lui, trouve étrange, mais il n’est pas le premier, que Jésus soit mort si rapidement alors que « d’autres crucifiés sont restés vivants jusqu’à cinq jours ». Mais ceux-là avaient-il subi l’hémathidrose totale de Gethsémani, soit le « symptôme d’une souffrance absolument intolérable », ni l’hallucinant interrogatoire qui s’est déroulé du jeudi soir au vendredi matin dans un tourbillon d’allées et venues où les gardes ne le ménageaient guère, ni l’impensable flagellation, fort mal décrite dans l’émission où l’on parle de trente-neuf coups alors qu’un coup à cette époque ne représentait que celui donné par une lanière du flagrum romain, ce qui fait deux coups à chaque application du fouet, renouvelée au moins soixante fois ? L’hémathidrose aurait pu à elle seul être une cause de mort ; la flagellation elle aussi : mais la perte de sang cumulée - sans doute plus que la moitié du sang disponible - condamnait de toute façon Jésus à mort parce que les reins ne pouvaient qu’être arrêtés afin d’orienter la circulation vers le cerveau.
Ne pas tenir compte de tous ces faits pour continuer à favoriser la thèse du faussaire médiéval est insultant pour l’intelligence et la vérité.
Gâchis obstiné
Il est vrai que ce doit être une émission venue des États-Unis : tous les intervenants sont anglophones. Si la recherche sindonienne n’était là-bas que de cette médiocrité, ce serait consternant. Mais elle ne l’est pas, les Jackson, Adler, Stevenson et autres Rogers en témoignent amplement, même si on ne les a pas nommés. Était présent l’un des membres de leur équipe de 78 dont hélas j’ai oublié de noter le nom : il fut le seul à dire d’excellentes choses, avec Y. Wilson, mais il n’eut que la portion congrue.
On peut parler de gâchis, et de gâchis obstiné. Les habitués d’Arte ont droit à une information qui ne les bafoue pas, qui ne les prend pas pour des imbéciles, qu’ils soient chrétiens ou non. Quand on aborde un sujet aussi complexe et extraordinaire, on peut également se passer d’évoquer un certain nombre de ridicules fantaisistes qui se prennent pour de petits génies.
De tout cela surgit nécessairement une question curieuse : qu’est-ce qui fait si peur dans le Linceul aux dirigeants d’Arte ? Il ne les obligera pas à s’agenouiller et à croire en Jésus le Ressuscité : il s’agit de tout autre chose. À moins qu’ils aient pour leurs spectateurs des attentions que l’on attendrait plutôt comme venant de la rue Cadet.
Découverte Ah ! il n’existe aucune divergences entre le Linceul et le texte évangélique, mais on découvre vingt-six points de correspondances : deux fois plus qu’il n’en faut pour être absolument certain qu’il ne peut pas être celui d’un autre. Elles sont toutes très intéressantes, parfois stupéfiantes ; je ne donne ici que celle que j’ai découverte récemment, et qui concerne le trou dans la barbe de Jésus.
Les Grecs, qui observaient cette image très légère, en avaient déduit que Jésus portait une barbe à deux pointes. Mais le vide qui se voit n’est pas au centre de cette barbe, il a une forme de trou et ne présente donc pas l’aspect angulaire qui devrait être le sien s’il s’agissait d’une barbe bifide : en revanche, il correspond parfaitement à l’habitude des membres du Sanhédrin qui était d’arracher un morceau de la barbe de ceux qu’ils condamnaient pour blasphème, condamnation pour laquelle Jésus mourut.
Article du Père Xavier, publié le 13 février 2008 sur Centre Aigle
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samedi, 05 juillet 2008
Saint Suaire, la preuve ultime du Christ
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jeudi, 20 mars 2008
L'affaire du carbone 14
Dans une plaquette publiée par Renaissance Catholique et préfacée par André van Cauwenberghe, Daniel Raffard de Brienne consacrait un chapitre à l'affaire du carbone 14. Il développera le sujet dans différents livres et au cours d'innombables conférences mais le chapitre en question donne un apperçu assez complet sur la question.
2 - L'affaire du carbone 14
Le mémoire de Pierre d'Arcis
La datation du Saint Suaire, telle qu'elle fut pratiquée en 1988 au moyen du carbone 14 réussit à attribuer au lin du tissu une ancienneté moyenne le situant dans la première moitié du XIVe siècle. La date ne pouvait être plus récente puisque la relique est connue de manière suivie depuis 1353 environ. Il était préférable qu'elle ne fût pas plus ancienne pour concorder avec le mémoire de Pierrre d'Arcis qui constituait l'argument majeu du chanoine Ulysse Chevalier.
Chevalier avait retrouvé en effet la copie ou le brouillon d'un mémoire adressé, très probablement en 1389, par l'évêque de Troyes Pierre d'Arcis au pape (en fait antipape) Clément VII. Pierre d'Arcis y dénonce avec vigueur le faux suaire exposé par les chanoines de Lirey. Selon lui, un de ses prédécesseurs à l'évêché de Troyes, Henri de Poitiers, aurait fait à ce sujet trente-quatre ans plus tôt, donc en 1355; une enquête au cours de laquelle il avait obtenu les aveux du peintre faussaire auteur de l'image.
Le document serait fâcheux pour le linceul s'il ne se heurtait à de fortes objections. Tout d'abord Clément VII y répondit le 6 janvier 1390 par un décret ordonnant à Pierre d'Arcis de garder le silence et autorisant l'exposition à Lirey de ce qu'il appelait, il est vrai, la copie du Suaire (mais ne faut-il pas un original à une copie ?). Ensuite on ne trouve aucune trace de l'enquête de 1355 ; nous avons vu, en revanche, Henri de Poitiers envoyer en 1356 sa bénédiction à la collégiale de Lirey et douze évêque accorder en 1357 des indulgences aux pélerins qui s'y rendaient.
Enfinc et surtout, aucun peintre n'a pu s'avouer l'auteur de l'image du Saint Suaire puisque, nous le verrons, il ne peut s'agit en caucun cs d'une peinture. Notons cependant qu'il a existé un certain nombre de copies connues comme telles, peintes d'après le Saint Suaire. Nous risquons l'hypothèse que les chanoines de Lirey pouvaient, pour des raisons de sécurité, avoir exposé habituellement une de ces copies à la place du l'original qu'ils conservaient. Cette hypothèse suffirait à expliquer toute l'affaire et la lettre de Clément VII.
La datation au carbone 14
Que vaut cette méthode de datation ? Il nous faut donner ici quelques explications élémentaires.
On sait que les atomes de carbone ordinaire, ou C 12, forment, si l'on peut dire, l'ossature des molécules organiques qui composent tous les êtres vivants, animaux ou végétaux.
De son côté, le carbone 14 ou C 14, est un carbone radioactif. Les atomes sont tous constitués de particules : neutrons, protons, électrons, etc.. Les atomes radioactifs comprennent des particules en surnombre qui, mal fixés, tendent à s'échapper. Ce sont ces particules "en fuite" qui forment le rayonnement qui caractérise ces atomes.
En entrant dans l'atmosphère, les rayons cosmiques bombardent quelques atomes de l'azote qui forme les 4/5e de l'air que nous respirons. Un atome d'azote et un neutron donnent naissance à un atome de C 14 et un atome d'hydrogène. Le C 14 naissant, ainsi formé, entre immédiatement en réaction avec l'oxygène de l'air et donne une molécule de gaz carbonique (CO2), qui entre ainsi dans le cycle du carbone des molécules organiques. Il y à environ un atome de C 14 pour mille milliards de carbone total (10-12).
Tant qu'ils sont vivants, les végétaux et les animaux, par l'intermédiaire des végétaux, ont, dans leur économie, un taux de carbone identitque à celui de l'atmosphère. Lorsqu'ils meurent, par exemple lorsque le lin est récolté, le carbone ordinaire ou C 12 subsiste alors que le carbone radioactif ou C 14 continue à se dégrader par rayonnement en redevenant de l'azote sans être remplacé.
Or la proportion, extrêmement faible, de C 14 est considérée comme constante au cours des siècles. Et on connait la vitesse de dégradation du C 14 : il faut 5730 ans (c'est la plus récente estimation) pour que la moitié de C 14 contenu dans un corps organique disparaisse. Il suffit donc de connaître la teneur en C 14 de ce corps pour calculer la date de sa mort. On a mis pour cela au point des techniques très délicates.
En principe, la datation du C 14 peut donner de bons résultats pour des objets de moins de 50 000 ans avec cette réserve que, contrairement à la théorie,la teneur en C 14 de l'atmosphère a varié au cours des âges. Toutefois, les dates possibles du Saint Suaire se situent dans une fourchette où d'autres éléments peuvent servir d'étalons pour contrôler la fiabilité de la méthode. En revanche, la technique, extrêmement délicate, donne parfois des résultats aberrants dans le cas de dérivés carbonés qui peuvent subir des échanges isotopiques au cours des âges. Les éventuels contaminants n'apportent pas de différences significatives dans les résultats de datation du lin.
C'est ainsi que l'un des trois laboratoires qui étudieront le Saint Suaire, celui de Zurich, s'est trompé en 1983 de mille ans en testant unlinge ancien. Un autre de ces trois, celui de Tucson, a daté un cor viking de 2006 de notre ère ! On ne peut cependant pas tirer de ces mauvais résultats une quelconque conclusion quant à la non fiabilité du C 14 pour le lin du Saint Suaire.
Le Saint Suaire et le carbone 14
Appliqué au Saint Suaire, le dosage au carbone 14 pouvait indiquer de manière relativement sûre l'époque approximative à laquelle le lin du tissu avait été récolté. Cela ne présentait à la vérité aucun intérêt réel puique l'on disposait déjà de nombreux arguments pour dater la relique. En outre, les premières applications de la méthoqe exigeaient la destruction d'un morceau important du précieux linge.
De nouvelles techniques permettant de réduire fortement l'importance de la destruction, on décida de procéder au test. Le 21 avril 1988, des échantillons furent prélevés sur le Saint Suaire et remis aux laboratoires de Zurich, Tucson (Arizona) et Oxford. Des bruits se mirent assez vite à circuler et, le 13 octobre, avant la publication officielle qui ne sera faite que le 14 février suivant,le cardinal Ballestrero, archevêque de Turin, prit sur lui de déclarer que le Saint Suaire datant du Moyen Age, n'était qu'une "vénérable icône".
Cette déclaration, confirmée par les responsables du test, fut répercutée dans le monde entier par une énorme campagne médiatique. L'affaire paraissait classée : le linceul de Turin était un faux. Il ne se trouva aucun journaliste avant Orazio Perrosillo pour faire remarquer que la datation au C 14 contredisait les conclusions de toutes les autres recherches scientifiques, souvent plus sûres qu'elle. Or, si l'on donnait raison à un seul test contre tous les autres, on mettait en doute l'ensemble de la science... et donc aussi la méthode au C 14.
En 1989, le docteur Tite, directeur du British Museum et unique coordinateur des essais, fut récompensé par la création en sa faveur d'une chaire à Oxford (où se situait un des trois laboratoires) grâce au don d'un million de livres sterling offert par un groupe d'"hommes d'affaires". En 1990, le British Museum, toujours lui, organisa une grande exposition sur le thème du faux, "l'art de la duperie", dont une photographie en grandeur réelle du Saint Suaire occupait la place centrale.
Des anomalies dans la publication des résultats
Le zèle déployé pour proclamé que le Saint Suaire ne date que du Moyen Age parait au moins prématuré quand on se penche sur les résultats publiés.
On observe d'abord que ces résultats n'ont fait l'objet que d'un court article du journal britannique Nature, le 14 février 1989. Il n'y figure qu'une synthèse des travaux, alors que toute expertise scientifique doit comporter une description des méthodes utilisées, le détail des résultats obtenus aux différents niveaux et, de manière générale, tout ce qui peut permettre un contrôle. Rien de cela n'a jamais été publié alors que l'article de Nature n'a, du fait de ses lacunes, aucune autorité.
Si sommaire que soit cet article, il contient tout de même une grave anomalie au sujet des dates annoncées. Le docteur Tite avait, en effet, proclamé que le Saint Suaire avait été fabriqué entre les années 1260 et 1390, un évantail de dates dont le centre se situe en 1325. Or, l'on s'aperçoit que l'évantail provient de l'amalgame de dates incompatibles entre elles.
Les laboratoires de Zurich et de Tucon avaient obtenu des datations homogènes qui donnaient une fourchette allant de 1353 à 1384, avec une moyenne se situant autour de 1370. Or ces dates sont trop récentes si les échantillons viennent bien du Saint Suaire puisque celui-ci a été exposé au moins depuis 1355 d'après Pierre d'Arcis, et sans doute dès 1353.
Fort heureusement, le laboratoire d'Oxford, intervenu plus tardivement et en connaissant ces premiers résultats, a trouvé un évantail allant de 1262 à 1312 qui a permis au docteur Tite de faire l'amalgame 1260-1390.
L'amalgame en question est inacceptables puisqu'il engloge une période qui ne se trouve couverte par aucun résultat : il y à un "trou" de 41 ans dans l'évantail proposé, et un trou où se trouve engloutiela date exigée par le mémoire de Pierre d'Arcis.
De plus, les savants et les mathématiciens estiment que des résultats aussi hétérogènes ne peuvent concerner le même tissu. Si l'on accepte les datations de Zurich et de Tucson, il faut rejeter celle d'Oxford. Ou Oxford a travaillé sur un échantillon de provenance différente. Ou Oxford s'est trompé dans ses manipulations. Ou Oxford a menti.
Des anomalies dans la procédures
Lorsqu'il fut décidé de procéder à la datation par le carbone 14, on établit un très sérieux protocole d'expérimentation. On devait recourir à sept laboratoires de classe internationale, utilisant l'une ou l'autre des deux méthodes de comptage. Les travaux devaient se dérouler en secret, chacun des laboratoires s'interdisant de communiquer avec les autres. Des contrôles étaient prévus. Enfin, on devait employer la technique du "double aveugle" : les échantillons du Saint Suaire et les échantillons de contrôle provenant d'autres tissus anciens seraient enfermés dans des tubes numérotés de sorte que les laboratoires ne puissent les identifier en cours d'expertise. D'autre part, les savants du STURP désiraient faire des recherches sur les échantillons prélevés avant leur destruction par les procédés de datation.
En réalité tout se passa au milieu d'une vaste "magouille" où s'agitaient tous les adversaires du Saint Suaire et dont Petrosillo et Marinelli ont donné l'effarante chronologie. En fin de compte, quatre des laboratoires furent éliminés ainsi que la méthode de comptage la plus sûre.
Le STURP fut écarté ainsi même que l'Académie pontificale des sciences, en sorte qu'il n'y eut pas d'autre contrôle que celui du Britih Musuem du docteur Tite (bientôt professeur à Oxford). Le secret ne fut respecté ni entre les trois laboratoires restants ni vers l'extérieur. On ne conserva du "double aveugle" que l'apparence à l'usage du public, alors que les laboratoires connaissaient l'identité des échantillons et même, chose inouïe, les dates des échantillons de contrôle.
On voit que, dans ces conditions, les essais n'offraient plus aucune garantie de sérieux, malgré l'aval accordé par le Vatican qui décidait en dernier ressort.
Des anomalies dans le prélèvement des échantillons
Parmi les modifications apportées au protocole initial, figurait aussi le remplacement de spécialiste en tissus anciens qui devait exécuter le découpage des échantillons du Suaire par Riggi di Numana, industriel italien, assisté du professeur Tesrore qui procéderait à des pesées précises au dixième de milligramme. Puisque le dosage se faisait en pourcentage et non en poids, des pesées aussi précises ne présentaient guère d'intérêt, si ce n'est peut-être celui de multiplier les manipulations et donc de disperser l'attention des observateurs.
Le prélévement eut lieu le 21 avril 1988, solennellement mais sans même de procès-verbal. Et là, on tombe tout de suite dans l'incohérence. D'après Riggi, l'échantillon prélevé sur le Saint Suaire mesurait 8,1 centimètres sur 1,6, soit près de 13 centimètres carrés, dont il enleva quelques fragments pour éliminer des coupures plus récentes. Pour d'autres, le morceau mesurait 7 centimètres sur 1, soit 7 centimètres carrés, ce qui semble peu par rapport à 13, même après ébarbage des coutures. De toute manière, au dire des spécialistes, le poids de ces échantillons était au centimètre près du double de celui du tissu du linceul.
Notons encore une anomalie. Aux trois échantillons remis dans les tubes métalliques à chaque laboratoire fut joint au dernier moment, dans une enveloppe de papier, un quatrième échantillon provenant d'une chape provençale du début du XIVe siècle.
Enfin, le symposium organisé à Paris en septembre 1989 par les personnalités qui fondèrent ensuite le CIELT (Centre International d'Etudes sur le Linceul de Turin) que nous présenterons dans notre conclusion devait révéler beaucoup plus grave. Le professeur Testore y expliqua quele fragment prélevé sur le Suaire fut coupé, on ne sait pourquoi, en deux échantillons, l'un de 154,9 milligrammes, l'autre de 114,8 milligrammes. Seul fut utilisé le premier, partagé en trois morceaux de 52,0, 52,8, et 53,7 milligrammes.
Or, un spécialiste français, le frère Bonnet-Eymard, s'aperçut que le poids total des morceaux excèdait de 3,6 milligrammes celui de l'échantillon dont ils étaient tirés. Riggi et Testore qui auraient pu invoquer une erreur crurent plus crédible de parler d'un quatrième morceau inconnu jusque-là. Pour Riggi, les 3,6 mg provenaient de l'échantillon de 144.8 mg et avaient été ajoutés au troisième morceau qui ne pesait que 50,1 mg. Malheureusement cette explication se heurtait au fait que ce troisième morceau, pesant plus des 50 mg requis par précaution (il fallait en réalité 40 mg) suffisait sans appoint. Aussi Testore, de son côté, prétendit que contrairement à ce qui avait été déclaré, les trois morceaux avaient été pris de l'échantillon de 144,8 mg et que, le troisième ne pesant alors que 36,6 mg (ce qui supposait un découpage bien inégal), il avait fallu lui ajouter un fragment de 14,1 mg découpé dans l'échantillon de 154,9 mg.
Ces contradictions suffisent à suggérer l'idée d'une substitution de tissu et, en tout cas, à faire rejeter les conclusions d'une expertise si mal emmanchée.
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jeudi, 06 mars 2008
Datation du Linceul de Turin : les masques tombent
Le directeur de l'Institut de l'accélérateur radiocarbone d'Oxford vient de déclarer qu'il s'est peut-être trompé en affirmant, suite à la datation de 2005, que le Saint Suaire ne datait que de 1260 à 1390 après Jésus-Christ.
En, effet, Christopher Bronk Ramsey, c'est son nom, vient de reconnaitre, au micro de la BBC qu'il s'était peut-être trompé en datant le Saint Suaire de 1260 à 1390, information à l'époque relayée avec force battage, dans le monde entier. Ce semblait être la victoire définitive des opposants à l'authenticité du Saint Suaire, de tous ceux que dérange la Sainte relique. Dans les loges comme dans les milieux libres-penseurs, on jubilait : ainsi, le fameux Linceul de Turin n'était qu'un faux fabriqué au Moyen-Age...
De nombreux spécialiste contestèrent néanmoins la fiabilité des examens menés en dépit de tout protocole sérieux. Nous faisons court mais il est piquant d'entendre Christopher Bronk Ramsey, savant de renommée internationale, reconnaitre que l'échantillon analysé était "issu d'un racommodage qui aurait été effectué après le XIIIe siècle". Extraordinaire, non ? Ce racommodage était connu de tous les spécialistes et parfaitement visible et même grossièrement visible à l'oeil nu. Il était impossible de ne pas voir que les prélévements portaient en partie sur des pièces rapportées. Le célèbre institut d'Oxford ne l'avait apparemment pas remarqué...
Mieux encore, alors que les laboratoires d'Oxford, de Zurich et de Tucon (USA) concluaient en 2005 (date de la datation au C14) à un faux, Ramsey vient de déclarer, en janvier 2008, à la BBC : "Il est possible que nous nous soyons trompés." Il développe en expliquant que la méthode du C14 ne serait pas applicable au Linceul de Turin en raison des circonstances très mouvementées de son voyage à travers les siècles et les pays qui en ont modifié les caractéristiques chimiques et autres. Découverte tardive mais mieux vaut tard que jamais.
Ce n'est malheureusement pas tout, Daniel Raffard de Brienne mentionnait toujours dans ses conférences pas moins de treize irrégularités dans la conduite de l'expertise dont chacune suffisait à rendre invalide le test. Dans son ouvrage La désinformation autour du Linceul de Turin, il démonte point par point l'ensemble des négligences, c'est un euphémisme, ayant abouti à déclarer faux le Saint Suaire.
La question sans réponse aujourd'hui, c'est : pourquoi ces aveux aujourd'hui ? La crainte d'une contre-expertise menée selon un protocole rigoureux qui leur ferait perdre la face ?
Daniel Raffard de Brienne affirmait régulièrement que peu importe les résultats des tests selon la méthode du C14 puisqu'il existe suffisamment d'autres preuves rigoureusement scientifiques attestant de l'authenticité du Linceul de Turin. Le résultat négatif de la méthode C14 ne les remettait pas en cause et ne changeait donc strictement rien au problème. Mais que les auteurs mêmes de ces tests reviennent sur leurs affirmations est quand même une excellente nouvelle.
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lundi, 19 novembre 2007
Daniel Raffard de Brienne sur la chaîne KTO
Archive précieuse, voici une émission de 48 minutes consacrée au Saint Suaire dans laquelle Daniel Raffard de Brienne, en compagnie de trois autres spécialistes de la question, résume l'état des connaissances actuelles sur la sainte relique.
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